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Test du Toyota I-Road

En octobre, Mag2 Lyon a pu tester en avant-première mondiale l’étonnant trois roues de Toyota disponible en autopartage à Grenoble : l’I-Road.

Présenté au salon de Genève en 2013, ce véhicule atypique est désormais disponible en autopartage à Grenoble. Le constructeur a proposé à la presse de l’essayer en avant première mondiale avec ses partenaires pour l’opération, notamment Cité Lib, l’agglomération de Grenoble et EDF dont la filiale Sodetrel a réalisé l’installation des 27 bornes. Son look ovoïde est unique. Ses deux roues à l’avant lui permettent d’être stable et conduit par tout un chacun, y compris ceux qui n’ont jamais fait de moto. C’est en fait sa troisième roue, située à l’arrière, qui pivote. Étonnant ! Autre particularité : l’i-Road se penche dans les virages. Mais on aurait tort d’être inquiet car il s’autostabilise et il n’y a pas de quoi prendre le mal de mer car on fait corps avec lui grâce au siège baquet. C’est ce qu’on apprend pendant la rapide présentation. On nous recommande aussi de prendre les virages plus serrés qu’avec un véhicule aux roues avant directrices. On effectue les premiers tours de roues sur la place de Bonne réservée pour l’occasion. Au premier virage autour de la fontaine, on hésite à virer franchement. Du coup, l’i-Road oscille à peine. Au deuxième, on accentue le geste et on commence à faire instinctivement le lien entre le tour de volant et l’angle pris automatiquement par ce drôle de petit engin futuriste. Mais la surprise ne vient pas de son mouvement latéral. En fait, quand la roue arrière tourne, on a l’impression que l’arrière chasse et qu’il pourrait percuter quelque chose dans notre dos. Crainte infondée là encore car l’i-Road est très court et l’arrière suit d’un seul mouvement. Après un tour complet de la place et quelques chicanes installées pour s’entraîner, un essayeur italien nous propose en anglais d’aller “in the city”. Et c’est parti pour une virée dans le centre-ville de Grenoble balisée par des grandes flèches jaunes.

Avant-gardiste

Le comportement des autres usagers de la route est très varié. Certains livreurs vous collent sans vergogne alors qu’on se sent bien petit par rapport à leurs camions. Mais la majorité des Grenoblois sont au contraire curieux et plusieurs baissent leur vitre pour engager la conversation. Pas facile de rester concentré. Un coursier nous précise que l’i-Road l’intéressait mais que son autonomie est trop juste. Bien vu. Ce véhicule avant-gardiste est limité à 45 km d’autonomie contre 80-100 km pour la Twizy, le quadricycle de Renault et deux fois plus pour les vraies auto électriques. L’i-Road est donc limité à un usage où il est rebranché après chaque trajet. Comme l’autopartage. Au fi l des kilomètres, on prend plus d’aisance et on grimpe rapidement à sa vitesse “maxi”, un petit 45 km/h. Limité mais pas gênant en ville. Impossible de présager du succès de l’i-Road mais on admire l’ingéniosité du système qui lui permet de tourner et l’audace de cette expérience urbaine qui est vraiment en rupture avec tout ce qu’on a pu découvrir jusque-là. Une expérience unique. Le défi dans un tel système d’autopartage, c’est que l’opérateur va devoir briefer tous les abonnés avant de leur laisser le volant. À savoir : des petites électriques, des Toyota COMS, avec 4 roues, une place mais un vrai coffre, sont également proposées en autopartage. Quelques jours après l’inauguration, ces véhicules de demain ont rencontré le monde d’aujourd’hui puisqu’ils ont été victimes de dégradations. Les vandales n’arrivant pas à débrancher ces voitures pour les voler puisqu’ils n’avaient pas d’abonnement, ils s’en sont pris à leur carrosserie. À croire qu’il faudrait aussi sensibiliser les délinquants à l’écomobilité. Tout un programme ! En tout cas, le tarif est très attractif pour les abonnés aux transports en commun qui voudraient terminer leur trajet à leur volant : 2 euros pour le premier quart d’heure, 1 pour les suivants. La conviction portée par les partenaires du projet, c’est bien que la mobilité des villes de demain associe transports collectifs et mode de déplacements propres.

Article initialement publié dans le Mag2 Lyon n°61, octobre 2014