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Rando électrique dans la vallée du Garon

Tous les sites touristiques proposent désormais de louer des VTTAE. Mais pour profiter au mieux de ces vélos d’un nouveau genre, le mieux est de bénéficier de conseils de pro ! Autour de Lyon a testé Orientation Vélo, basée à Lyon qui intervient dans toute la région en randonnées accompagnées pour particuliers ou entreprises mais aussi des stages d’une semaine pour ados, notamment l’été. Par Lionel Favrot Photos Eric Soudan

C’est avenue du Stade à Brignais qu’on retrouve Maximilien et Nicolas, les deux “mono” d’Orientation Vélo. “La vallée du Garon est notre terrain de jeu préféré car c’est un très bel endroit avec des passages de difficultés variées”, précise Nicolas qui nous a amené deux VTT à assistance électrique. Un Giant et un Haibike, deux modèles classiques de marques réputées, équipés tous les deux avec des batteries Yamaha. La prise en main se rapproche des vélo à assistance électrique de ville. Les habitués ne seront pas dépaysés. A gauche du guidon, on retrouve un clavier de commandes avec mise en marche et sélection du niveau d’assistance. Sans oublier un bouton d’aide à la marche pour faire avancer le vélo plus facilement quand on le pousse. Un VTTAE étant plus lourd qu’un VTT normal du fait de ses batteries, c’est bienvenu. Au centre, est fixé un écran qui rappelle le choix d’assistance et indique la vitesse ou encore la charge de la batterie.

On commence par la vallée en Barret, un espace naturel sensible réputé pour sa biodiversité, notamment en terme de papillon avec le Cuivré des marais et la Nielle des Bois. Mais pour l’heure, on a plutôt le regard fixé sur sa route, ou plutôt son chemin. Il faut tout d’abord se familiariser avec le choix des différents niveaux d’assistance pour les croiser efficacement avec celui des vitesses disponibles également comme sur tous les vélo. Si on est du genre à encore s’emmêler entre petit et grand plateaux, il faut être au clair sur ce point avant d’attaquer du sérieux ! Maximilien nous rejoint pour nous conseiller les meilleurs choix. L’éco et éco+ délivre une assistance à peine sensible et on sent encore le poids du vélo, mais ce n’est pas désagréable d’avoir une certaine résistance plutôt que de trop “mouliner”.

Le mode standard se révèle le plus polyvalent.VTT VAE Brignais©ESO-02.jpgLe chemin grimpe et on atteint une petite “marche”. Les deux moniteurs la franchissent aisément devant l’objectif du photographe. Pour notre part, on la passe à pied et on est déjà satisfait de finir la montée sans mettre pied à terre. En plus, surprise, on s’aperçoit qu’on était même resté en assistance standard. C’est le moment de tester le mode le plus fort d’assistance électrique, le high. Mais au premier coup de pédale, la roue arrière se dérobe. Normal, on l’avait laissée sur une pierre humide, C’est la deuxième spécificité du VTTAE dont il apprendre à tenir compte. L’assistance électrique envoie une puissance supplémentaire.

Du coup, un VTTAE va nous permettre de passer à l’aise là où un VTT normal resterait littéralement scotché. En revanche, si on gère mal ce surcroit de puissance, cela peut être contre-productif. En ville, cette confusion passe inaperçu. En tout terrain, on ressent tout de suite son erreur. “En plus, quand on patine, seul un crampon du pneu va accrocher alors qu’ils sont prévus pour fonctionner ensemble afin d’être efficace”, précise Nicolas. Pas d’inquiétude, il suffit de quelques kilomètres de pratique pour adopter les bons réflexes. On peut alors admirer ce charmant vallon.

Après avoir franchi un petit pont, on attaque une autre montée pour rejoindre une descente plus technique. On a le choix entre une étroite passerelle en bois ou le passage dans le ruisseau. Désormais plus à l’aise avec son VTTAE, on décide d’essayer les deux. Par la passerelle, il ne faut surtout pas arrêter de pédaler quand on l’aborde, au risque de vaciller. Ensuite, cela passe tranquille. Pour le ruisseau, il faut bien identifier sa trajectoire et on est content de le franchir sans difficulté pour enchaîner par le raidillon. Une zone de boue aura raison de notre enthousiasme ! “Mauvais choix, commente sobrement Maximilien, il fallait prendre plus à gauche.” Objection retenue ! Le deuxième passage sera le bon. On ne s’arrête pas et on arrive au bord d’un pré avec une vue dégagée.

L’endroit idéale pour se désaltérer. Quelques marques sur le bras témoignent qu’à gauche, c’était bien le meilleur passage pour l’adhérence de la roue mais qu’il y avait aussi quelques ronces et orties. En tout cas, on a bien le sentiment d’être passé par des endroits où on aura mis pied à terre très souvent avec un VTT classique. Avec ce VTTAE, on a fourni un vrai effort physique mais sans être épuisé. Difficile de soutenir que ce n’est qu’un vélo de feignant. Avec ce type de vélo, on peut aller plus fort et plus loin. Comme un homme augmenté. Nicolas nous rejoint après avoir effectué quelques nouveaux sauts avec son collègue, et même l’avoir coursé pour mettre l’ambiance. Il interrompt notre rêverie. “Quand on a des rando entreprise ou famille, on choisit des itinéraires plus roulant et plus faciles qu’aujourd’hui. Là, on a pris des sentiers pour une sortie déjà orientée pilote.” Juste les mots qu’il fallait pour nous rassurer et nous encourager à continuer le VTTAE... On revient à notre point de départ par un chemin tranquille qui rejoint le fameux aqueduc en forme de chameau avant de plonger sur Brignais, très content de cette sortie.

A savoir : Nicolas Duperron est l’auteur d’un topoguide téléchargeable : vtopo.fr . Son site www.orientation-velo.com

Article initialement publié dans Autour de Lyon 2016, en vente chez votre marchand de journaux