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“Que du bonheur !”

Djamila Kaouadji et Philippe Morel roulent en Zoé pour leur travail. Deux témoignages d’autant plus intéressants que leur réaction a été complètement différente au départ.

Mag2Lyon les a rencontrés à leur entreprise d’informatique, It Partner, à Greenopolis dans le 9e arrondissement. Quand le fondateur et pdg de l’entreprise Abdenour Ain-Seba leur a annoncé l’achat de voitures électriques, ils n’étaient pas aussi enthousiastes l’un que l’autre. Bilan sans langue de bois verte.

L’idée “Pour moi, c’était une super idée. J’y pensais depuis un moment. Pour la familiale, je voulais rouler hybride mais le modèle qui m’intéressait, la Citroën DS5, n’offre pas assez de place. Pour la deuxième voiture, je pensais à une électrique mais mon épouse souhaitait un cabriolet”, raconte Philippe. “Moi, j’étais réticente !, avoue Djamila, Devoir recharger la voiture, je voyais cela comme une contrainte supplémentaire. J’imaginais aussi devoir reprendre ma voiture personnelle dès que je sortais un peu de Lyon.”

Premier contact Très positif : “Les Zoé sont plus confortables et plus cossues que les 208 de notre flotte commerciale. L’ergonomie est excellente, l’équipement complet...”, résume-t-ils en choeur. En revanche, ils regrettent de ne pas avoir été davantage brieffés au départ. “Renault nous a précisé qu’elle fonctionnait comme une automatique mais il y a d’autres points à découvrir”, se souvient Djamila : “J’utilise toujours la touche éco. Un jour sur l’autoroute, je me suis retrouvé limité à 97km/h. J’ai cru que j’avais enclenché le régulateur de vitesse. En réalité, la vitesse maximale est limitée en mode éco pour augmenter l’autonomie mais en le désactivant, on peut aller jusqu’à 120/130 km/h.”

Usage Bilan plus que positif. “Que du bonheur. La Zoé est juste géniale. Une souplesse étonnante, pas de vitesse à passer, plus de bruit... On ne cale jamais. En fait, cela encourage à une conduite destressante et plus respectueuse des autres”, souligne Philippe. “Je ne la lâche plus pour les petits trajets ! Même le week-end”, résume Djamila. En revanche, ils ont appris à être vigilants vis-à-vis des piétons qui ne les entendent pas venir. “Mais une ville serait bien plus agréable à vivre s’il y avait davantage de voitures et de bus électriques !”, constate Philippe.

Puissance Encore un diagnostic unanime malgré les différences d’approche. “Les accélérations sont vives. Elle a de la pèche !” Pourtant, l’un et l’autre ont des voitures personnelles qui ont de la ressource, familiale et cabriolet pour l’un, SUV et cabriolet pour l’autre. Mais la Zoé les a séduit.

Autonomie L’un et l’autre la chargent tous les trois jours en moyenne. Posées le matin au bureau, elles sont chargées d’ici midi. “Mais c’est dommage qu’il n’y ait pas davantage de bornes”, pointe Philippe. L’un et l’autre ont découvert comment récupérer de l’autonomie. “Elle diminue en montée et quand on accélère fortement mais on en récupère en descente. Exemple : pour monter à Limonest, je consomme 25 km d’autonomie en seulement 8 km de distance mais avant d’arriver à mon domicile, je l’ai récupérée”, calcule Philippe qui habite à 20km de Lyon. “C’est toujours amusant d’avoir davantage d’autonomie à la fin d’un trajet qu’au départ. Exemple : j’avais 77km d’autonomie ce week-end et après 10km de route, j’étais monté à 81 km”, ajoute Djamila. Cette dernière n’hésite plus à aller régulièrement dans le Nord-Isère, par exemple à Saint-Quentin-Fallavier. A noter, l’autonomie est plus forte en été qu’en hiver. “Globalement, on est à 120 km en hiver avec le chauffage et les phares allumés tôt le soir. Depuis quelques semaines, je suis à 180 km. Mais je me suis jamais senti coincé”, se réjouit Philippe.

Image Ce qu’ils ont découvert, c’est le pouvoir d’attraction de la Zoé. “Il y a un effet de curiosité très positif chez nos clients. Plein de gens envisagent de rouler électrique mais attendent d’avoir davantage d’informations pour franchir le cap”, insiste Philippe. “Je débarquerai avec une Porsche Panamera chez un client, je ferais moins d’effet. Ils se créent un attroupement et on me pose plein de questions. On y reste parfois une demi-heure et elle est complètement décortiquée ! Dans ma résidence, je suis la dame qui roule en électrique. Parfois, d’autres automobilistes m’interpellent au feu rouge pour savoir si la Zoé c’est bien”, s’amuse Djamila qui ajoute un avantage : “je ne m’intéresse plus au prix du gazole à la pompe.”

Financement Parole au chef d’entreprise qui a pris la décision d’acheter électrique. “Globalement, le coût mensuel tout compris est un peu inférieur à nos 208 HDI qui étaient déjà des modèles à faible émission de carbone. Environ 280 pour les Zoé contre 300-310 pour ces Peugeot. Pour savoir qui allait rouler électrique, on a étudié les trajets de chacun et privilégier ceux qui n’habitaient pas trop loin et roulaient peu dans la journée, résume Abdenour Aïn-Seba. Pour lui aussi, l’absence d’un réseau dense de bornes reste un frein. “On a un commercial qui habite Lyon et qui hésite.” D’ailleurs, ce chef d’entreprise a investit dans une borne de charge rapide de 22 kw permettant de charger deux Zoé en moins de 3h. Bien mieux qu’un simple branchement sur une prise électrique qui peut prendre jusqu’à 10h. Coût : 10 000 euros dont 4 000 euros de subvention de l’Ademe. Reste à savoir si c’est simplement du greenwaching, le reproche classique des écolos aux chef d’entreprises qui jouent la carte électrique pour l’image mais qui rouleraient polluant par ailleurs. “Personnellement, je roule en hybride ou en moto et je n’ai pas les moyens de rouler en Aston Martin le week-end. Mais après tout, je ne vois pas où serait le problème si j’en avais une. Ce qui flingue la planète, ce sont les milliers de km parcourus pour le quotidien. Pas l’exceptionnel. Une voiture plaisir consomme beaucoup au km mais elle roule toujours très peu. Bref, on peut aimer la mécanique et participer à la transition énergétique !” Son espoir est désormais de faire école. “C’est l’initiative d’une seule entreprise mais elle permet à d’autres sociétés de la zone de rouler électrique sans investir dans une borne car la notre peut charger six voitures par jour. J’espère que la copropriété qui a donné son accord pour qu’on aménage cette espace de charge, installera elle-même à terme de nouvelles bornes. Dans ce genre de rupture technologique, il faut des volontaires pour initier le changement.”