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"Idéale au quotidien"

Modèle: Toyota Auris Hybride (2011)

“J’ai été convaincu que l’hybride était une solution d’avenir dès que j’ai essayé la toute première Prius hybride en 1997. Elle n’avait pas encore adopté le look futuriste qui a contribué par la suite à sa notoriété. Les places arrières étaient surélevées à cause des batteries et sa silhouette tricorps avec un coffre disgracieux limitait forcément son succès. Mais techniquement, la démonstration était réussie. Il y a déjà 18 ans.

La “vraie Prius” a ensuite été lancée avec une forme ovoïde étonnante qui a permis à tous les “early adopters” d’afficher leur choix de cette motorisation hybride. Elle a ensuite été renouvelée avec une ligne affinée et une puissance supérieure. Cette Toyota a longtemps été seule sur le marché dans sa catégorie full hybride c’est-à-dire qu’elle peut rouler par moment à 100% en électrique, en l’occurrence environ 5 km en-dessous de 50km/h. Ce qui réduit pollution et consommation. Mais sa taille et son prix la destinaient à des conducteurs recherchant une routière ou une familiale.

En 2011, Toyota a décidé d’adapter ce système qui connaissait un succès mondial, à sa berline moyenne : l’Auris. N’étant pas prévue dès l’origine pour accueillir cette technologie, il a fallu réduire la taille de son coffre pour laisser une place aux batteries. Ce volume restreint pour sa catégorie, avec une forme qui complique le chargement, est sa seule faiblesse. Pour le reste, on retrouve tout ce qui a fait le succès de la Prius mais dans un gabarit plus compact appréciable en ville.

Avec l’expérience, on s’aperçoit que le plus efficace est de laisser l’Auris en “eco-mode” afin qu’elle gère toute seule le choix du mode de propulsion : 100% électrique, 100% essence ou mixte. On peut également choisir soi-même le mode “EV” pour rouler tout électrique ou le mode “Power” pour rouler en pleine puissance. Ce qui peut être utile pour une démarrage “canon”. En effet, l’avantage de toute hybride, c’est que la puissance de l’électrique arrive immédiatement avant que le moteur essence ne se réveille. Du coup, avec ses 136ch, l’Auris n’affiche pas une puissance spectaculaire mais elle peut faire jeu égal ou distancer à l’accélération bon nombre de voitures compactes réputées dynamiques. Elle tient aussi sans peine les côtes d’autoroute au-delà des limites autorisées, ce qui offre une marge de sécurité. On dispose toujours d’une bonne relance pour jamais se retrouver “scotché” dans la montée.

Côté consommation, on peut facilement descendre sous les 5l/100km en moyenne mais plusieurs facteurs peuvent conduire à les dépasser, surtout si on les cumule : faire beaucoup d’autoroute car la batterie a alors moins l’occasion de se recharger régulièrement dans les descentes et les freinages, utiliser la fonction “brake” (frein moteur) qui permet d’économiser les plaquettes de frein mais consomme du carburant, rouler très fréquemment avec le régulateur de vitesse ou encore un usage immodéré de la climatisation. Ou encore avoir la version avec des jantes plus sportives et plus larges qui accentue la consommation. Rien de dramatique mais on se retrouve alors plutôt à 5,2l/100 km.

La vocation de l’Auris reste plutôt d’être conduite zen. D’ailleurs, le silence de l’électrique et la discrétion de son moteur 1,9l essence incite à une conduite apaisée. Au contraire, si on accélère le rythme, l’emballement du moteur provoqué par sa boite de vitesse à variateur, ce qui reste atypique, est beaucoup moins agréable. Au quotidien, elle se révèle idéale par son confort de conduite et son gabarit raisonnable. Elle se révèle aussi assez spacieuse pour des escapades familiales et se conduit également sans fatigue sur longue distance. Le modèle qui l’a remplacée est un peu plus encombrant mais il corrige ses faiblesses avec un vrai coffre ainsi qu’un design et des équipements plus actuels. Mais cette Auris de 1ère génération désormais disponible en occasion à des prix accessibles peut permettre de démocratiser davantage l’hybride. L’Auris conviendra particulièrement à tous ceux qui jugent que les 100ch de la petite Yaris se révèlent un peu justes.

Enfin, il faut souligner son économie à l’usage. L’éco-conduite associée à une hybride allonge la durée de vie de ses équipements. Il n’est pas rare d’atteindre les 55 000 à 60 000 km avant de changer les pneus avant et davantage pour les pneus arrière. Les taxis passés à l’hybride affirment dépasser facilement les 100 000 km avec leurs plaquettes de frein grâce à l’usage de la fonction brake pour anticiper bon nombre de ralentissements, etc...

Certains s’inquiètent de la durée de la batterie électrique. Le recul qu’on a sur les Prius permet de confirmer qu’il n’y a pas de soucis avant une bonne dizaine d’années. D’ailleurs, Toyota propose lors des entretiens chez le concessionnaire un diagnostic qui évalue son état et permet d’étendre la garantie d’origine de la batterie.

Au-delà de ses considérations techniques, c’est bien l’agrément de conduite et la polyvalence de l’Auris hybride qu’on apprécie.”


Par Lionel de Villefranche